Le développement agricole international a un rôle majeur aujourd’hui : défis environnementaux, développement économique locale et filières agro-alimentaires éthiques.

J’ai commencé à m’intéresser aux outils d’aide à la décision en stage au Ghana. Evaluer un projet de développement agricole à l’échelle d’une région entière d’un pays nécessite de recueillir beaucoup de données qualitatives et quantitatives.

Recueillir et qualifier ces données auprès des paysans, des négociants, des artisans, des politiques, prend du temps. Toutes ces données techniques et économiques sont indispensables pour mesurer les impacts d’un projet, d’une politique sur différents groupes d’acteurs locaux.

Car c’est la base d’une évaluation fiable de l’impact de projets privés ou publics.

Anticiper la capacité des acteurs à adopter une innovation

Est-ce que le projet va fonctionner ? La nouvelle filière que l’on souhaite mettre en place a-t-elle ses chances ? Comment peut évoluer le système agricole, le système agraire localement ? Quels leviers activer pour avoir le meilleur impact local ?

Les gens ont une raison de faire ce qu’ils font. Et quand on s’intéresse à ces raisons, que l’on découvre les motivations de leurs actions, on identifie plus rapidement les leviers.

Avec des outils de modélisation agro-économique, on peut simuler l’impact d’une nouvelle pratique (un itinéraire technique bas intrants par exemple) sur une exploitation ou un groupe d’exploitations.

Les modèles répondent à la question : est-ce qu’il y a une chance que ce producteur puisse adopter cette pratique ? autrement dit, cette nouvelle pratique peut-elle trouver sa place dans le système de production actuel ? Est-ce compatible avec l’utilisation des terres, avec le calendrier de trésorerie, avec le calendrier de main d’oeuvre ?

Un bon dessin vaut mieux qu’un long discours !

Mais si on arrive à représenter et à visualiser simplement des systèmes complexes, alors la décision devient facile. Des graphiques, des schémas et des indicateurs sont bien plus parlants qu’une démonstration.

Organiser les données pour mieux comprendre le système agraire

Dans ces projets, on récolte beaucoup de données. On les traite pour préparer le rapport de synthèse du projet. Une grande partie de ces données sont organisées par chaque expert de terrain, sans forcément de format commun, limitant la transmission de la connaissance qualitative et quantitative des territoires étudiés.

Imaginez que vous puissiez utilisez toutes les données récoltées sur les dernières années pour prévisualiser en quelques clics la pertinence d’un nouveau projet, d’une nouvelle filière ?

Visualiser graphiquement l’impact d’un projet sur plusieurs exploitations ou plusieurs groupes d’exploitation ?

Identifier les leviers techniques, économiques, politiques, commerciaux à mettre en place pour des projets viables ?

Dans un projet de recherche récent, j’ai eu accès à des bases de données très riches, fruits d’années d’enquêtes de chercheur, doctorants, consultants. Mais manquant de contextualisation, de normalisation, ces données étaient difficilement exploitables. Avec des données mieux renseignées, on aurait pu tester rapidement les hypothèses du projet de recherche et focaliser la suite du projet sur des entretiens ciblés aux producteurs et sur l’accompagnement de l’évolution des filières.

Créer un outil pour simplifer, accélérer et fiabiliser l’évaluation des projets de développement agricole

Le monde agricole est en train d’emboîter le pas des autres secteurs en intégrant la puissance des données et des modèles. Mais plutôt que mettre ces approches dans des outils technologiques (drones, pulvérisateurs GPS, …), je cherche à apporter fournir des outils directement aux producteurs et aux acteurs des filières.

Des outils pour mieux comprendre et mieux décider.

Des outils pour apprendre des données récoltées au fil des années.

Des outils pour comparer des dynamiques entre exploitations, entre territoires, pour partager les expériences.

Des outils qui prennent tout leur intérêt quand ils sont adoptés et utilisés par les acteurs de terrain, qui réalisent le diagnostic et l’évaluation.

C’est dans cet esprit que j’ai développé au fil des années Agriplan, prévisionnel technique, économique, main d’oeuvre et trésorerie pour les exploitations agricoles diversifiées.