Je suis retombé récemment sur cette étude de 2013 de Gauthier Chapelle et Charles-Edouard Joly de GREENLOOP. Les auteurs font un panorama complet des formes d’agricultures urbaines dans les Pays du Nord en 2012 (quelques années après le début du développement de l’Agriculture Urbaine en Europe).

Le but est de confronter différents modèles d’agriculture urbaine pour connaître leur viabilité, les raisons de leur succès ou de leurs difficultés.

Très instructif 8 ans après et très proche des résultats présentés dans des ouvrages plus récents (comme Agriculteurs Urbaines de Guillaume Morel)

Différencier les projets pour les analyser

Ils distinguent les modèles d’une part selon leur finalité (ou combinaison de finalités), qui influence la structure juridique choisie :

  • Finalité productive ; fruits, légumes, herbes, petit élevage
  • Finalité qualité de vie et santé
  • Finalité éducative
  • Finalité sociale
  • Finalité d’innovation
  • Finalité environnementale
  • Finalité par rapport à la création d’emploi
  • Finalité économique alimentaire / autonomie
  • Finalité commerciale

Ils les distinguent ensuite selon leur localisation intra-urbaine ou péri-urbaine, et enfin par les infrastructures et techniques de cultures sélectionnées.

D’autres critères annexes entrent en jeu dans la classification : production, clients, modes de commercialisation, …

Viabilité de l’Agriculture Urbaine

Plutôt que de donner de grands principes ex-nihilo pour juger la viabilité de l’agriculture urbaine, le rapport présente en quelques paragraphes un grand nombre de projets selon leurs orientations stratégiques.

24 exemples sont détaillés, présentant une grande variété de projets, de situations, d’ambitions à travers plusieurs capitales. Certains sont encore bien d’actualités, d’autres sont intéressants à comparer avec la situation actuelle des projets pour comprendre les dynamiques d’évolution.

Principales conclusions et recommandations

Même si l’agriculture urbaine s’est professionnalisée et s’est incarnée dans de multiples projets depuis l’écriture du rapport, la plupart des conclusions sont encore valables aujourd’hui et restent de précieux repères pour développer de nouveaux projets.

Celles qui me semblent les plus importantes sont :

  • Les business models sont très diversifiés et rares sont les acteurs qui vivent exclusivement de leur production.
  • La viabilité d’un projet tient surtout aux compétences agronomiques et aux qualités de management et de marketing des exploitants.
  • Vente en circuits courts et produits à forte valeur ajoutée sont la base de la viabilité sur de petites surfaces
  • Agriculture urbaine et péri-urbaine sont complémentaires et constituent un lien privilégié ville/campagne.
  • L’agriculture urbaine s’intègre dans les politiques publiques d’aménagement, de biodiversité, d’écologie, mais aussi les politiques sociales ou éducatives.
Le cycle de l’alimentation en ville, d’après «Eetbaar Rotterdam», présenté dans le rapport de Chapelle et Joly (2013)

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